Michel Foucault a passé sa vie à analyser la mort des autres : celle que distribue la clinique, que gère le biopouvoir, qu'ordonne le racisme d'État. Mais sa propre mort, il ne l'a regardée en face qu'à la toute fin - dans ce dernier cours de 1984 où, déjà malade, il commentait les dernières paroles de Socrate. Un mourant analysant un mourant.
Foucault et la mort part de ce retournement. Si toute une pensée tourne autour de la mort sans jamais l'affronter comme sienne, que devient-elle lorsqu'on la confronte enfin à la finitude ? Cet essai met la philosophie à l'épreuve d'une question ancienne : un penseur qui n'a pas traversé sa propre mort peut être brillant - mais sa pensée est-elle entièrement vraie ? De Socrate à Montaigne, de l'ars moriendi médiéval à la chahada et au Bardo Thödol, le livre convoque les traditions qui ont fait de l'apprentissage de la mort le cœur de la sagesse.
Dixième et dernier volet de la série, ce livre rappelle, face à Gaza et aux morts qu'on ne compte plus, que la finitude est la mesure de toute justice : là où une vie est irréversible, chaque mort injuste devient irréparable.