Hocus Pocus fait dialoguer des œuvres historiques et contemporaines basées sur la notion de magie, du célèbre illusionniste Jean-Eugène Robert-Houdin à notre époque, à travers un essai, des visuels et des entretiens. Face à un monde prétendument démagifié par la révolution industrielle, l'émergence de l'industrie moderne du divertissement, avec ses spectacles de magie et ses séances médiumniques, démontre la permanence d'un ensorcèlement du quotidien à travers une culture matérielle inventée par des designer·euse·s, des cinéastes et des artistes, tou·te·s magicien·ne·s sans le dire, et parfois sans le savoir. Qu'ils servent à des tours de magie ou à des séances spirites, les lévitations, ectoplasmes, boîtes d'escamotage et autres lapins sortis du chapeau ravissent les publics tout en les plaçant face à une incompréhension du monde. Cet état permet à l'art de la prestidigitation en particulier, et aux arts en général, de puiser dans un univers d'ingéniosité où les objets du quotidien font acte de résistance, quand ils ne permettent pas de s'escamoter loin des périls qui grondent, sous couvert de numéros éblouissants.