L’autodafé, la destruction par le feu de livres jugés dangereux, n’a cessé de fasciner les écrivains et les lecteurs. Or comme le montre la destruction de la bibliothèque de Don Quichotte au début du roman de Cervantès, la fiction de l’autodafé est un paradoxe, du fait que la destruction fictive des romans de chevalerie donne lieu à une autre œuvre, à une nouvelle quête pour le chevalier errant, à l’origine du roman moderne. Le Livre enflammé étudie le thème de l’autodafé dans les œuvres de Victor Hugo, d’Émile Zola, d’Arthur Rimbaud et des poètes d’avant-gardes du début du XXe siècle, en examinant la dimension poétique de ce thème, en tant que générateur de textes. Le feu serait, en ce sens, moins un agent de destruction qu’un vecteur de création d’une œuvre à venir.