Un seul Dieu, une seule vérité, un seul mode d'emploi. Sur le papier, l'offre paraît limpide. Dans les faits, les religions monothéistes ont produit des canons différents, des traductions concurrentes, des schismes, des écoles rivales et une quantité industrielle d'interprètes affirmant posséder l'accès prioritaire à l'invisible.
Jean C. Rien retrace la construction historique du monothéisme, des cultes antiques aux grandes religions abrahamiques. Il démonte la fiction d'une révélation transmise intacte, sans scribes, choix de textes, traductions, réformes ni luttes politiques. La vérité éternelle découvre alors un détail gênant : elle dépend constamment d'humains chargés de sélectionner, commenter et certifier ce que Dieu aurait voulu dire.
L'autopsie suit ensuite le pouvoir et l'argent. Dons, pèlerinages, patrimoine, objets sacrés, applications, éditions protégées, influence politique et contrôle des corps composent un marché du sacré remarquablement terrestre. L'institution ne se contente plus d'accompagner la foi : elle prétend décider qui peut parler, interpréter, aimer, douter, désobéir ou quitter la franchise sans perdre sa communauté.
Le Mythe du Dieu unique ne prétend ni prouver ni réfuter l'existence de Dieu. Il vise le passage frauduleux entre une conviction spirituelle et le monopole humain de la vérité absolue. Une satire documentée sur les dogmes, les contradictions religieuses et ces professionnels du salut qui vendent l'éternité avec service juridique, droits d'auteur et caisse ouverte.