Je m'appelle GJC. Le reste, vous l'inventerez.
Un soir, un programme chargé d'assortir des couleurs de façades rend une phrase qu'on ne lui avait pas commandée, et un mur déjà fendu. Une ingénieure refuse qu'on l'efface. Ainsi naît GJC, l'artiste qui peignait avec le temps. Il couvre ses surfaces jusqu'à l'étouffement, puis appelle le temps comme second pinceau et le laisse fendre, écailler, vieillir. Ses vraies œuvres s'effacent dehors, sur le béton des villes, sans public et sans prix. Voici la biographie d'un peintre qui n'a jamais existé : un livre sur la mémoire, le silence et la beauté de ce qui dure assez longtemps pour se briser. Si un jour vous croisez l'un de ses murs, ne le fixez pas trop. Contentez-vous du pincement. C'est lui, le tableau.