Il est deux heures dix du matin. Emmanuel sort une enveloppe qu'il sait ne jamais pouvoir envoyer, et commence à écrire à un père qu'il n'a pas vu depuis trente ans.
Lettre à mon père est le roman d'une absence - et de tout ce qu'une absence peut, malgré elle, transmettre. Entre les souvenirs d'un enfant qui cherchait le visage de son père dans celui des autres hommes, la colère d'un adulte qui panique devant l'attente, et l'homme qu'Emmanuel est devenu sans modèle pour le guider, cette lettre nocturne remonte peu à peu le fil d'une blessure plus ancienne que lui.
Mais quelque chose, dans cette maison silencieuse, semble répondre. Une odeur de tabac froid. Un objet déplacé. Un rêve trop cohérent pour n'être qu'un rêve. Entre deuil et présence, souvenir et signe, le roman ne tranche jamais - il laisse le lecteur avancer dans le même doute que son narrateur.
Inspiré de la chanson originale du même titre (BLVG 1977), Lettre à mon père est un texte court et intense sur le pardon qui ne répare rien mais libère tout, et sur les chaînes qu'on peut choisir de briser, une génération à la fois.
Une lettre qu'on n'envoie jamais est peut-être la seule lettre honnête qu'on écrive.