L’eau, sous ses diverses manifestations – goutte, vague, cristal de neige ou bulle de savon –, chez le poète suscite fascination tout autant que désir de cohésion. Les jeux réciproques entre le mot et la goutte, la langue et la vague, le construit et l’indécis traversent ces compositions. Ainsi par l’écriture le mouvant chaos du monde s’harmonise : « Dire l’eau, c’est dire l’inarticulé ou plutôt c’est chercher les volontés des formes dans le liquide, c’est traquer les polarités de l’instable. / Dire l’eau, c’est se baigner dans la cellule originelle, c’est capter les effluves du grand courant de la vie. »Ici encore, comme pour les coquillages ou les métaux, c’est la plasticité des formes qui l’attirent, dans lesquelles par influx et reflux constants sa pensée vient se loger. Et par ce style sensible et cristallin qui le caractérise, Jean-Pierre Le Goff, fidèle à ses attaches, points de fixation de l’esprit comme ancres marines, continue d’explorer les convergences d’un univers ondoyant.La réunion de ces textes, selon une contingence que sa tournure d’esprit n’aurait pas reniée, forme un ensemble fluide, répondant a posteriori à la nécessité qui semblait présider à chacun de ses travaux : mettre en évidence des analogies nées de points de rencontre. « L’imagination étant fluide, je l’ai laissée calquer les démarches des liquides », écrit-il.