Une machine assez patiente finirait par lire les hommes mieux qu'ils ne se lisent eux-mêmes.
Sarah Chen, analyste au Service canadien du renseignement de sécurité, file depuis six mois un courrier russe à travers Montréal. Une enquête de routine, croit-elle. Jusqu'à ce mardi de septembre où, dans un café de la rue Sherbrooke, l'homme reçoit un message qui le transforme sous ses yeux, en trois secondes les paupières closes. En quelques heures, le fil qu'elle tirait innocemment se révèle relié à un atelier discret du Centre-Sud, à un colonel russe en pré-retraite sur un banc de Brighton Beach, à des dizaines d'institutions occidentales déjà compromises sans le savoir, et à un homme qui, depuis trois ans, mesure patiemment la lenteur des services qu'il s'apprête à défier.
En trente-six heures, Sarah devra forcer la coopération de trois agences qui se méfient les unes des autres, SCRS, FBI, NSA, pour déjouer une opération coordonnée à l'échelle d'un continent. Mais derrière l'attaque qu'on lui montre, elle pressent une autre opération, plus longue, plus profonde, qui n'a aucune intention de s'arrêter ce soir. Et derrière elle, un esprit qui ne sert plus aucun drapeau, et qui a peut-être prévu jusqu'à sa propre arrestation.
Voyage dans les réseaux de l'ombre ouvre une saga en sept tomes sur la question qui définira le siècle : jusqu'où peut-on surveiller pour protéger sans devenir, soi-même, l'instrument qu'on combat ? Un thriller d'espionnage littéraire ancré à Montréal, dans la tradition de le Carré, où chaque institution cache des choses, où chaque coupable a ses raisons, et où la conversation décisive ne se tient pas dans une salle d'interrogatoire mais sur un yacht amarré dans le Vieux-Port, à neuf heures du soir.